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Pastorale familiale Infos n° 23

Enjeux pour la pastorale du mariage

Réflexions à la suite d’une conférence de Philippe Bordeyne, professeur de théologie morale et doyen de la faculté de théologie de l’Institut Catholique de Paris

Un premier constat : ceux qui choisissent aujourd’hui le mariage le font dans leur grande majorité à la suite d’une réflexion qui a pris son temps. Le mariage est signe d’une différence sociale qui fait à la fois peur et qui peut attirer. Il est souvent considéré comme relevant du domaine privé. Quand il prend une dimension sociale, cette ouverture rend possible l’accueil d’une évangélisation. C’est alors un moment propice pour réfléchir à ce que le mariage apporte à la société.
La démarche des jeunes couples vers et dans le mariage comporte un mélange intéressant de social et de subjectif. Quels points d’appui avons-nous pour leur proposer l’évangile ?
• Les jeunes couples ont choisi le mariage parmi d’autres formes de vie commune. Ils peuvent découvrir qu’ils y sont appelés à devenir des coopérateurs de Dieu dans l’éducation à l’amour.
• Ils ont voulu s’engager, mais se savent vulnérables. Ils sont presque prêts à recevoir une aide de l’Eglise ou de la société. A nous de les rendre attentifs que cette aide n’est pas simplement une possibilité mais une nécessité. Une telle démarche vient à l’encontre en effet d’une conception très romantique de la vie conjugale.
• Leur approche du mariage est plus projective. Nous sommes face à une génération très créative qui s’intéresse à ce qui dans le mariage chrétien peut être attractif. Dans un contexte social aux liens faibles (courriel, Internet…) il y a donc un intérêt à travailler de manière soutenue tout ce qui touche aux relations du couple et de la famille ; les relations époux/épouse, père/mère avec les enfants…
La constitution Gaudium et spes du Concile Vatican II, propose d’envisager la foi à partir de l’énigme de la condition humaine. « Qu’est-ce que l’homme ? », se demande le Concile. GS. 12, 4. La foi chrétienne est capable de prendre en charge le versant plus énigmatique de la vie humaine, de la relation de couple pour l’aider notamment à déchiffrer le mystère de la sexualité humaine.
Nous sommes invités par le concile à renoncer à un enseignement sur le mariage où n’apparaîtrait que son côté lumineux. Mais le pari est de donner à voir que, malgré tout, le mariage reste la meilleure chance de la tendresse et qui répond au désir le plus profond de l’être humain.
Dans le couple, il y a un élan à capter pour la mission. Est-ce qu’une femme et un homme pourraient se marier sans avoir conscience de leur fragilité ? Comment faire comprendre ce qui est en jeu dans le mariage au plan de sa dimension sociale ? Le couple est appelé à se découvrir comme une cellule d’aide mutuelle qui va accueillir des enfants quoi qu’il en coûte. Sa fécondité a des répercussions sociales d’une extrême importance.

Quelques pistes pour la pastorale.
Proposer un partage en petites communautés de familles où peut se faire l’expérience de l’élargissement du couple. Le témoignage des uns aide les autres à grandir. Il y a dans ce domaine des initiatives pastorales à prendre. Elles aideront ainsi les jeunes à découvrir la Bonne Nouvelle dans la vie de couple.
Évangéliser les familles dans les grandes étapes de la vie qui les mettent en contact avec l’Eglise : baptême, deuils, séparations…
Croire enfin que les familles, « Églises domestiques », peuvent aider l’Eglise et la société à devenir plus humaines en témoignant de la fécondité de la miséricorde et de l’hospitalité qu’elles cherchent à conjuguer patiemment au quotidien.

Etienne Helbert
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