> Retour
Pastorale familiale Infos n° 21
Ils ont accompagné des couples avec "Mariage, alliance d'amour"
Nous vous livrons ici les témoignages de deux couples qui ont fait vivre cet itinéraire dans la communauté de paroisses de Fegersheim, Ohnheim, Eschau et Plobsheim
Christine et Philippe Burow ont répondu à nos questions
Quels constats faites-vous après cette première année avec cet outil ?
L’itinéraire Mariage, alliance d’amour nous a révélé que nous étions avec des gens très loin de l’Eglise. Mais tout au long du cheminement nous voyions comment ils s’ouvraient un peu comme des fleurs. Ils vivaient une ouverture à la Bible et au sacrement.
Lors de la présentation au début, nous étions en présence de beaucoup de couples avec enfants et nous nous sommes demandé ce que nous pouvions encore leur apporter. Ils ont quand même fait un sacré chemin. Ils ont compris que nous les conduisions à se poser des questions et à se situer comme croyants. Les questions ne leur semblaient pas rébarbatives.
Au début, ils ont été surpris par le fait que nous ne les jugions pas par rapport à leur pratique religieuse. Ils s’attendaient à des reproches. Certains s’attendaient à la question : " Pourquoi se marier à l’Eglise quand on est loin de la foi ?"
Ils ont beaucoup apprécié de décortiquer le mariage civil et de faire des comparaisons avec le mariage religieux.
Ils ont dit également que c’était dense mais le temps passait vite. Les soirées conviviales font aussi faire du chemin. Ceux qui accrochent bien, restent pour le repas.
Quelles difficultés avez-vous rencontrées ?
La deuxième séance, nous nous sommes retrouvés avec deux couples qui ne participaient pas à l’échange. Nous nous sommes demandés comment nous pouvions interpeller ces gens. Il s’est avéré que ces personnes avaient eu un sacré vécu de souffrance par rapport à l’Eglise.
Quelles questions vous posez-vous après cette première expérimentation ?
Des questions d’organisation : par exemple faut-il garder d’une séance à l’autre les mêmes groupes ou les mélanger ? Quel créneau horaire ? Le samedi, le dimanche ? Quel est le meilleur jour ?
Et vous comme animateurs qu’avez-vous trouvé dans cet accompagnement ?
Il y a plus de vécu. Nous nous sommes plus impliqués dans la préparation. Nous étions plus proches des couples, du fait que nous avons passé plus de temps avec eux que par le passé. Nous avions le temps de partager en profondeur.
Nous avons eu d’heureuses surprises, celle par exemple de voir que les chants que nous avions pris lors des séances, ont été repris pour les mariages.
En conclusion que diriez-vous ?
Pour nous ce fut très important d’avoir vécu une première fois cet itinéraire entre animateurs. C’est une étape incontournable pour se l’approprier.
Quant à Monique et Patrick Gazagnes, voici leurs réflexions sur ce qu’ils ont ressenti et perçu pendant la préparation au mariage et après.
"Les futurs mariés nous ont dit qu’ils avaient eu très peur du 'bourrage de crâne' et qu’ils étaient agréablement surpris par ce qu’ils ont vécu, quelque chose de totalement différent de ce qu’ils avaient imaginé. Ils ont pu redécouvrir la Bible, le sens des textes, des mots, de leur beauté, de leur actualité. Les échanges étaient riches et très profonds car chacun a pu s’exprimer et parler de son ressenti. Ils ont été surpris de constater qu’ils n’étaient pas tout seuls avec leurs réflexions et d’entendre ce que d’autres pouvaient en penser. Les discussions ont porté sur : c’est quoi, qui Dieu, la Bible, la prière, les croyances, la foi, la place de la religion dans notre vie, pourquoi pratiquer ou non, pourquoi croire, etc.
Il faut noter qu’ils ont aussi été surpris que le passé puisse leur parler de leur présent, surtout à travers l’histoire de Tobias. " Franchement ! On ne croyait pas que la Bible c’était ça ! " Ils ont compris qu’il y avait plusieurs lectures de la Bible, plusieurs niveaux d’explications possibles et qu’ils pouvaient se l’approprier eux-mêmes, en chercher la résonance en eux et qu’on pouvait en débattre, qu’il n’y a pas qu’une lecture, qu’une version, qu’une "homélie" (celle du curé) et que cette réflexion est possible pour tout le monde, est à la portée de tout un chacun, pour peu qu’on s’y intéresse. Et comment ne pas être intéressé par la vie et l’amour ?
Notre témoignage personnel a aussi permis de parler plus librement et de débloquer des situations. Il y a eu l’histoire de la " re-conversion " de Monique ou les histoires de famille qui nous ont facilité les discussions. Une future mariée a affirmé qu’elle s’était interrogée sur le sens à donner à son mariage religieux puisque ses parents étaient divorcés. Elle se demandait si elle y avait réellement droit ! Cela lui a permis de réparer quelque chose de cassé dans sa vie il y a longtemps, d’après elle. Après son mariage, elle nous a d’ailleurs remerciés d’avoir trouvé la paix à cette question !
Nous avons trouvé la progression de l’itinéraire très intéressante. Il s’agit de parler des sentiments d’une façon générale pour arriver au sens plus profond et religieux. Il a permis de se poser des vraies questions, de pouvoir y répondre librement, sans peur de jugement. C’était très important pour des personnes souvent éloignées depuis des années de la religion. Cette préparation est en même temps d’une grande exigence. Elle implique toute la personne, tout le couple. C’est souvent le moment d’une remise en cause des croyances sur l’amour, le couple, le mariage, le religieux, la foi. Mais c’est possible grâce à cette approche à la fois psychologique et spirituelle. Pour nous, l’homme (et la femme) ne font qu’un ! "
Télécharger (.pdf)
Retour