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Sychar - Pastorale familiale Infos n° 14
A propos du livre
"Passeurs de vie, essai sur la paternité"
de Xavier Lacroix (Paris, Bayard 2004) *


" La paternité est éthique ou elle n’est pas, elle est spirituelle ou elle n’est pas ".
" Il faut un homme et une femme pour faire un père ". "
" La seule bonne mère est celle qui sait qu’elle ne peut l’être sans un père. "

À partir de ces trois citations du livre, voici des pistes de réflexions de Xavier Lacroix qui en ouvrent d’autres.

1. Actuellement la proximité des pères avec leurs enfants introduit un nouveau modèle de père, soucieux de la qualité de la vie parentale, et ceci dès la grossesse.
Il est nécessaire de trouver un équilibre entre les dimensions affectives, intersubjectives et les dimensions sociales, institutionnelles, politiques et religieuses.

2. Des enjeux de la paternité sont relatifs au couple : cette paternité pourra-t-elle s’exercer dans la durée, comment va-t-elle se différencier du rôle maternel, pourra-t-elle situer l’enfant hors de la fusion avec la mère d’une part, et extérieur à la relation entre époux d’autre part ?

3. D’autres enjeux sont au-delà de la sphère familiale : le père a cette fonction de relais vers la vie sociale. Confirmée symboliquement, appuyée par un statut social, la fonction d’autorité du père facilite pour l’enfant la prise de conscience de l’appartenance à une communauté humaine concrète, dans laquelle la vie s’exprime par une organisation sociale et institutionnelle, des choix politiques en vue du vivre ensemble. Le père offre à l’enfant, fille et garçon, des éléments d’une assurance intérieure. Alors la rencontre des autres n’est pas une menace mais richesse et joie dans l’apprentissage de la parole. Cette parole relie aux autres et en distingue. L’héritage culturel et spirituel sera comme le témoin qui se transmet de génération en génération dans la course de la vie.

Cette dernière réflexion me fait penser à l’expérience d’une course de relais. Dans cette course, entre le point de départ et la ligne d’arrivée, chaque coureur sait vers où il va, pourquoi il court, quels moyens il prend pour être le meilleur et il accepte que d’autres participent à la course pour prendre le relais. Les motivations, les actions accordées à une espérance, un art d’être ensemble et un savoir faire donnent le goût de se lancer dans la course, de recommencer sans cesse, d’entrer dans une dynamique.

Ce livre m’a rappelé qu’au fil de la Bible, nous regardons la longue marche de l’humanité. Depuis le livre de la Genèse jusqu’au livre de l’Apocalypse, les aventures humaines nous y révèlent Dieu comme Celui qui accompagne dans l’amour à la manière d’un père, et aussi d’une mère. La première Alliance nous renvoie à cette relation première qui nous a structurés.

La nouvelle Alliance nous révèle le Christ comme un frère en son incarnation et comme l’Epoux des noces éternelles avec l’humanité toute entière. Dans la parole : " Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés " c’est de cet amour dont chacun est aimé pour qu’il aime à son tour, comme époux, parent ou célibataire. Tous peuvent rendre grâce pour toutes les fécondités d’un amour reçu et donné où immanquablement il y a Dieu, les autres, et soi-même.

Gisèle Gaillot
* (ISBN 2.227.47062.3)

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