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Sychar - Pastorale familiale Infos n° 11
Éveiller les petits à la foi, une expérience...
Agnès et Alain sont parents de deux jeunes qui ont aujourd'hui 21 et 18 ans. Ils sont enseignants à Ribeauvillé et ont accepté de partir de ce qu'ils vivent dans le domaine de l'éveil à la foi des petits. Alain est diacre permanent et sa mission intègre l'éveil des petits.
Sychar. Vous avez déjà une longue expérience d'éveil à la foi des petits. Comment cela a-t-il commencé ?
Agnès : On a commencé il y a une quinzaine d'années. On s'est lancé d'abord parce qu'on est des parents. On a voulu faire découvrir à nos enfants ce qui est un trésor pour nous. Puis on a partagé avec les parents des copains de nos enfants notre souhait, notre souci et on a trouvé un écho favorable.
Alain : Au départ, on réunissait les enfants pour des célébrations. On a essayé de rassembler les parents dont les enfants allaient à l'école maternelle. Nos enfants nous posaient des questions. On s'est dit comment font les autres parents ? On a lancé 150 invitations pour une soirée de discussion autour de la question comment éveiller la foi chez nos enfants ? Ce soir-là il n'est venu personne.
Agnès : L'éveil à la foi doit partir de la famille à condition que la famille ne soit pas refermée sur elle-même. Les familles sont appelées à collaborer entre elles pour que les petits enfants puissent aussi se rassembler. Après notre premier échec, des parents ont bien voulu nous confier leurs enfants, pendant les célébrations. Mais nous, on tenait à rencontrer les parents. On a organisé des moments de prière à l'église, suivis d'un goûter pendant lequel on rencontrait les parents. On leur a proposé des petits livres, des documents utilisables à la maison pour prolonger le temps de prière. Suite à cela certains parents ont voulu prendre part à la préparation de ces petites célébrations. Une institutrice d'école maternelle nous a beaucoup aidés. Le groupe des petits (3 - 6 ans) comportait alors quinze à vingt enfants aux temps forts, une fois par trimestre. Avec les parents on a toujours insisté pour que quelque chose se poursuive en famille.
Ce fut la période faste jusqu'au jour où on nous a demandé de venir dans d'autres paroisses. Notre intention était alors de préparer des relais. Mais les gens n'ont pas osé se lancer, parce que les enfants posent des questions inattendues, parce qu'il faut s'adapter à eux. On a peur aussi des
Alain : On a aussi connu un temps où des personnes nouvellement arrivées ont été tentées de faire des propositions trop scolaires, uniquement avec les enfants, alors qu'il nous a toujours semblé indispensable que les parents soient présents.
Sychar. Pourriez-vous évoquer ce qui caractérise un éveil des petits ?
Agnès : Les petits intègrent ce qu'ils vivent par le corps. On commence toujours par un chant On l'accompagne de gestes, on bouge, on fait vivre l'histoire en la racontant avec des mots simples. On peut partir de figurines pour mettre l'histoire en scène. En tout cas il importe de les rejoindre avec leurs mots, parfois leurs jouets, dans ce qu'ils vivent. Il faut beaucoup canaliser leur prise de parole qui est importante parce que les petits expriment ainsi leurs tracas et tout ce qui les habite.
Alain : Ce qui est essentiel, c'est qu'il s'agit d'un éveil. Pas tellement un éveil à la vie (qui se fait au quotidien) C'est un éveil dans la vie. C'est nous qui allons entrer dans l'univers du petit, qui nous mettons à son niveau et qui lui parlons de la foi. Quand on raconte un récit d'évangile, on parle le langage des enfants. On entre dans la vie de l'enfant pas seulement comme un espion. On va lui laisser quelque chose dont on pense que cela va lui apporter quelque chose. L'éveil à la vie se fait à l'école, en famille, partout Dans l'éveil à la foi, il s'agit de révéler à l'enfant que dans Sa vie, il y a Jésus et que lui aussi à sa mesure d'enfant, peut vivre avec lui, que Jésus l'aime et qu'il est vivant.
L'éveil à la vie se fait par exemple lors d'une promenade en forêt. L'éveil à la foi est un éveil à un aspect particulier de la vie, la foi, Nous ne sommes qu'un élément de l'éveil à la vie qui dépasse nos compétences, notre champ d'action. C'est important de commencer à cet âge la, parce que les enfants sont à l'âge de l'imaginaire. Ils n'ont pas de difficulté à parler d'une présence invisible. A partir de 7 ans, ils se mettent à raisonner et alors ils changent. C'est important de commencer à semer à cet âge-là. Nous intervenons comme un jardinier qui prépare la terre pour un semis.
Agnès : On essaie de leur faire découvrir que jésus est une personne avec qui on peut dialoguer et pas une idée. Si cette étape de la découverte de la personne n'est pas honorée, il manque quelque chose d'important. Mais ce n'est pas parce qu'un enfant a connu un temps d'éveil à la foi, que tout est gagné pour lui. Par exemple lorsqu'au moment de la communion les enfants s'avancent pour accueillir un geste de la part du prêtre, ils peuvent comprendre qu'ils reçoivent quelque chose de la part de Jésus. Et cela leur donne aussi envie de grandir et de communier un jour.
Quand on leur raconte une histoire, ils sont tout ouïe, ça leur parle. Bien sûr il y a un risque qu'ils mettent les histoires de Jésus sur le même plan que les autres histoires qu'on leur raconte avant de dormir. Mais un jour ils feront une différence.
Sychar. Quel éveil peut-on pratiquer en famille ? Que peut vivre un jeune couple avec ses enfants ?
Agnès : Pour commencer il s'agit de vivre vrai. Si la foi est une vraie préoccupation pour les parents, l'enfant entrera avec eux. Un petit enfant n'entre dans une proposition que s'il y est accompagné. On ne peut pas obliger un enfant à faire quelque chose s'il ne voit pas ses parents le faire.
Alain : Le risque c'est de vouloir être des parents pieux et coulés dans le plâtre. A force de vouloir être exemplaire et pieux on tape à côté.
Agnès : Les parents peuvent faire des propositions à des moments privilégiés. L'ensemble des rites du coucher permettent de penser à Jésus. Nous avons commencé avec les tout-petits par dire au revoir. Il y a des " au revoir " qui aident l'enfant à vivre (et à dormir). Un enfant comprend beaucoup plus de choses qu'on n'imagine. Nos enfants avaient chacun un coin prière. Et nous parents nous avions le nôtre. C'est important.
Alain : Le soir a un autre aspect positif. On y a pris l'habitude de dire aussi merci et pardon. Ce pardon était nécessaire. Cela permettait de retrouver la paix, la sérénité. On a prié le Notre Père quand les enfants avaient 3 ou 4 ans. On leur a fait écouter le Notre Père chanté. On a fait des gestes. On a toujours laissé une place importante à h prière spontanée. Cela nous a aussi permis de découvrir nos enfants, de sentir ce qui était important pour eux. On a célébré avec eux Noël, Pâques, leurs fêtes, l'anniversaire de leur baptême.
Puis est arrivée la prière à table. On a peut-être commencé à chanter le dimanche. Dans ce domaine on peut commencer quand on le veut.
Sychar : Et raconter des histoires ?
Agnès : Oui au moment du coucher, on a raconté toutes sortes d'histoires pas forcément religieuses. Les enfants
arrivent à faire la différence entre les récits et les légendes. Et ça ne les gène pas de réentendre souvent les mêmes histoires. C'est ainsi que notre fille connaissait des histoires par cur et les racontait aux autres enfants.
Alain : Nos enfants sont grands aujourd'hui. Ils ne parlent pas beaucoup de ce temps d'éveil. Mais nous croyons que petits ils ont compris qu'on avait fait le choix d'accueillir Jésus dans notre vie, que c'était important pour nous.
Agnès : Maintenant c'est entre eux et Dieu. On se laisse surprendre par leur propre chemin. Ils sont libres...
Agnès, Alain et une équipe autour d'eux animent un site : www.eveil-foi.net.
Ce site, très fourni est le seul entièrement dédié à l'éveil des petits. Il propose des célébrations, des ressources pour prier, un psautier pour les enfants, des idées de réalisation, etc... Nous vous recommandons vivement de le consulter.
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