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Sychar - Pastorale familiale Infos n° 13
La conscience éclairée

Au cours de mes lectures estivales, en fait un essai de rattrapage de l'année écoulée, je suis tombée sur un article qui m'a interpellée : "la conscience lieu de la liberté".1

"L'Eglise attache un grand prix à la conscience. Mais celle-ci n'est pas un instinct infaillible auquel nous pourrions nous abandonner en toute confiance. Elle est à éveiller et à informer en permanence. Mais alors qu'est ce au juste que la liberté de conscience ?"

L'auteur s'est attaché à nous montrer l'importance de la conscience pour l'Eglise, pour nous-mêmes et pour notre foi.
Dans les déclarations du concile Vatican II on peut lire "La conscience est le centre de l'homme, le sanctuaire où il est seul avec Dieu et où sa voix se fait entendre" (l'Eglise dans le monde de ce temps, § 16). Et plus récemment : " Il n'est pas en son pouvoir (de l'Eglise) de se substituer dans la pratique à la décision ultime des consciences qui demeurent toujours l'instance suprême quand il s'agit d'engagement éthique" (Choix éthiques et Communion ecclésiale, déclaration de 1992)
Mais de quoi parlons-nous quand nous évoquons la conscience :
o D'une voix souvent bien faible ou brouillée ?
o D'une forteresse dans laquelle on se retranche ?
o Des désirs immédiats, pulsions ou envies passagères qui pourraient nous les faire prendre pour une injonction morale ?
o D'un instinct infaillible ?
La conscience peut se tromper, hésiter, être troublée ou dominée par des angoisses ou des fantasmes.
Dans ce cas, nous pourrions être tentés de ne pas lui faire confiance.
Mais l'auteur affirme avec force que l'Eglise a raison, malgré tout de faire confiance à la conscience. Pourquoi ?
Parce qu'elle sait que "la conscience est le résultat de tout un travail sur soi, d'une culture de soi, donc d'une éducation. Il faut être éveillé à la conscience, il faut qu'elle naisse en nous, et même il faut que sa vigilance soit entretenue, car elle peut s'assoupir ou s'égarer."
Cette éducation ne se fait pas seul, on ne forme ni n'éclaire sa conscience tout seul dans son coin.
Il faut d'abord susciter la conscience et cela grâce aux éducateurs qui nous ont introduits dans l'espace social, les premiers étant souvent nos parents. Puis au cours de l'éducation, c'est la découverte des interdits et des règles qui vont être intériorisés et qui vont structurer notre conscience. Mais cet éveil de la conscience n'est jamais acquis une fois pour toutes. Nous devons nous informer, travailler et nous former sans cesse, et pour cela en prendre les moyens. Il faudra souvent nous faire aider : ce pourra être par un accompagnement spirituel, des rencontres avec nos prochains, des lectures : les Ecritures, les dogmes et les pratiques de l'Eglise, des formations organisées dans notre diocèse par différentes instances : faculté théologique, services diocésains… Il ne s'agit pas de tout vouloir faire mais de se laisser interroger, interpeller et de ne pas se contenter de sa propre réflexion mais plutôt de la nourrir.
Ainsi la conscience nous met devant nos responsabilités. Nous avons à rendre compte en tant que parents, éducateurs, citoyens, chrétiens. Notre conscience nous permet d'être vigilants et de réagir quand cela devient nécessaire. C'est en son nom que nous assumons nos actes ou qu'au contraire nous repoussons et nous nous opposons à ce qui est mal.
"Quand tout est bien examiné, quand nous nous sommes informés de la position de l'Eglise et des exigences sociales pour une décision droite il nous revient de trancher et de dire : ce que je fais , je me dois de le faire "
Il y a là un absolu dynamique, quelque chose qui nous pousse et nous donne la force. Le croyant y verra la présence et la force de Dieu en lui.
C'est pourquoi l'Eglise attache un tel prix à la conscience : elle est en tout homme "la voix de Dieu". Cette voix nous invite à obéir aux impératifs les plus hauts que nous portons en nous : je me dois d'agir de telle et telle manière. Ainsi cela nous aide à nous libérer des modes, des clichés et des injonctions du politiquement correct.
Alors n'hésitons pas, ne cessons pas d'éduquer notre conscience pour être des hommes et des femmes libres.


Claire Larchères

1"La conscience, lieu de liberté" article de Paul Valadier sj - Croire aujourd'hui n° 195

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