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Sychar - Pastorale familiale Infos n° 24
Prendre un enfant par la main
Les enfants sont curieux de tout. Ils ont des pourquoi plein la bouche et plein la vie. Parfois apparemment automatiques ou incohérents, souvent déstabilisants voire même lassants pour les parents. Aussi suis-je bien surpris lorsque des parents me disent "dans le domaine religieux, mes enfants n'ont aucune question".
Certes, les centres d'intérêt et les préoccupations de nos enfants se nourrissent au départ des nôtres. Si le domaine religieux suscite de l'intérêt chez les parents, il sera source de questions chez les enfants. L'intérêt des enfants naît de ce que nous éveillons en eux. Ils regardent, observent, écoutent. Leur horizon s'élargit encore quand ils vont à la garderie, chez une gardienne ou plus encore à l'école : les adultes qu'ils rencontrent, les activités qu'on leur propose, tout ce qu'ils vivent avec d'autres enfants peuvent encore aiguiser leur curiosité. Mais s'il n'est pas trop angoissant pour des parents de donner une explication scientifique ou un commentaire sur du vocabulaire, il n'en va souvent pas de même dans le domaine religieux, même si nous nous y sentons à l'aise.
Je voudrais redire quelques points d'attention.
> Toujours prendre en compte les attentes et les questions
C'est aux parents de donner les points de repère et d'aider les enfants à préparer leur propre balisage ; l'école ne peut faire que compléter, donner des outils supplémentaires, proposer des expériences, la paroisse ne peut qu'aider les parents ; personne ne peut prendre leur place. Si nous n'accueillons pas les questions, les enfants comprendront vite qu'il y a des domaines où ce n'est pas la peine d'en poser, et ce sera la porte ouverte aux hurluberlus plus ou moins bien intentionnés et aux sectes.
> Toujours prendre les questions au sérieux
Même si elles nous semblent absurdes ou comiques, même si nous sommes incapables d'y répondre, pensons que nos enfants ne raisonnent pas et ne s'expriment pas comme nous. Si nous ne savons pas répondre instantanément, nous pouvons proposer un délai, à condition de ne pas en faire une excuse pour éluder la question. Tôt ou tard nos enfants prendront conscience que leurs parents ne savent pas tout, ils ne perdront pas confiance pour autant.
> Ne pas bricoler des réponses pour avoir la paix
Mieux vaut attendre (et expliquer pourquoi), et se documenter (mais attention à la fiabilité des sources d'information...) ; et si une question nous met vraiment mal à l'aise, n’hésitons pas à étaler la réponse dans le temps et à nous faire aider par une tierce personne en qui l'enfant puisse avoir spontanément confiance. Ce n'est ni déchoir ni démissionner, c'est une question de respect vis-à-vis de nos enfants.
> Ne pas attendre les questions
N'attendons pas que nos enfants prennent les devants : c'est à nous de les accompagner, pas l'inverse ! Les questions sont la conséquence de l'éveil et les enfants ne s'éveillent pas seuls : ils découvrent le monde et la vie, d'autant plus que nous leur en proposons des occasions et que nous excitons leur curiosité. Les questions seront le chemin pour approfondir la découverte et elles entreront dans la cohérence d'une démarche. Si les enfants sont livrés à eux-mêmes face à la vie, les questions se poseront aussi, mais à tort à à travers et ne les aideront pas à structurer leurs acquis.
Bien sûr, c'est de la théorie : la pratique, vous l'avez sous les yeux ! Les questions décapantes de vos enfants, les réponses vacillantes et angoissantes. N'hésitez pas à nous faire part de vos expériences et de votre vécu pour illustrer nos propos et provoquer un dialogue et un échange...
Agnès et Alain Bonnet
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