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Sychar - Pastorale familiale Infos n° 23

Eveiller, un défi !


Ce n'est pas tellement habituel de voir des ados à la messe. Quand on voit des familles s'engager dans l'Eglise, on a envie de demander "comment avez-vous fait ?" La réponse est le plus souvent embarrassée : on n'a pas l'impression d'avoir fait des choses extraordinaires. On a semé, quelque chose a germé. Comme si on demandait à l'agriculteur comment il a fait pour que les graines deviennent des épis. On a soigné, on a veillé. Il n'y a pas de secret (s'il y en avait un, ça se saurait et les églises seraient pleines !)
Ne croyez pas que je botte en touche pour me sortir d'un mauvais pas. Je me suis trouvé moi aussi confronté à des enfants. Nous avons essayé... Mais il ne faut pas se lancer n'importe comment dans cet éveil. Je voudrais rappeler ici quelques principes :
> il n'y a d'éveil qu'en famille : c'est à nous, parents, d'aider nos enfants à ouvrir les yeux sur le monde, c'est là que tout commence. On ne peut pas demander à l'institutrice de maternelle, aux grands-parents, aux curés ou à d'autres spécialistes de le faire à notre place ; ils nous assistent, mais les maîtres d'œuvre, c'est nous !
> nos enfants ne sont pas des commodes à tiroirs : aujourd'hui je vais faire de l'éveil à la vie, à l'histoire de France, à la botanique, à la cuisine, à la musique, à la foi. J'ouvre un tiroir, je le referme. La vie est un tout, la foi en est un aspect., très imbriqué au reste.
> l'éveil demande de la discipline mais n'est pas une discipline d'enseignement. Il n'est pas important avant tout que les enfants "apprennent", "retiennent" : ce sera pour plus tard ; pour l'instant, ils ouvrent les yeux, ils observent, ils se laissent imprégner, avec la complicité des parents qui les guident et à qui ils font confiance.
> la famille n'est pas seule au monde : dès avant 3 ans, nos enfants apprennent la socialisation, à la crèche, à la garderie, l'école. Les activités croisées entre familles sont utiles. La foi ne relève pas de la sphère privée, quoiqu'en disent des laïcards mal inspirés. Il est bon que nos enfants se rassemblent pour prier.
> on ne peut pas proposer quelque chose avec fruit si on n'en accepte pas l'importance. Envoyer les enfants à des célébrations en paroisse sans vivre soi-même quelque chose d'analogue au même moment ne peut pas leur faire de mal mais risque d'introduire un coin dans la confiance et de l'ébrécher : pourquoi c'est important pour moi et pas pour mes parents ?
> n'ayons pas peur d'être pris pour des farfelus. Les curés de paroisses sont habituellement affrontés à une organisation qui n'a pas encore pris en compte la dimension de l'éveil. Ils ont besoin de catéchistes pour la préparation aux sacrements ou pour l'école, ils ont parfois du mal à comprendre que l'éveil n'est pas une étape supplémentaire de catéchèse... Mais il est aussi important de prendre une part originale dans un tissu paroissial.
> ne pas voir trop grand ! L'éveil est un travail de fourmi, patient, délicat, attentif, obstiné. Rien de spectaculaire. Une maman m'écrivait récemment qu'avec un petit groupe ils accueillaient les enfants tous les dimanches au moment de la messe. Ils ont tenu trois ans avec beaucoup de plaisir mais ils ont fini par craquer : 52 dimanches par an à préparer ensemble, c'était trop. N'ayez pas de complexe en pensant que vous n'en faites pas beaucoup, faites-le bien, c'est tout. Et si on vous critique, proposez de vous aider, avec un grand sourire.
Reste la question à 1000 € : qu'est-ce qu'il faut faire ? On revient à la case départ : il n'y a pas de programme obligatoire, de "truc". Il faut observer, inventer... Ce qui "marche" ici, avec tel enfant, peut échouer complètement ailleurs. Mais au bout du chemin, il y a au moins la satisfaction d'avoir pris nos enfants par la main et d'avoir fait un bout de chemin avec eux.
Ce sont ces idées qui ont sous-tendu la réalisation du site internet http://www.eveil-foi.net : aider les parents pour oser éveiller leurs enfants. Ça en vaut la peine !

Agnès et Alain Bonnet

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