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Sychar n° 19
Quel avenir pour la famille ?

Le coût du non-mariage
Bayard, octobre 2006

Cet ouvrage est le résultat d’une initiative des Associations Familiales Catholiques (AFC). Elles ont uniquement fourni le thème de recherche et confié le travail au laboratoire scientifique pluridisciplinaire de l’Institut des Sciences et de la Famille (ISF). Les travaux résultent de la seule méthodologie de chacun des six chercheurs.

Pour les Associations Familiales Catholiques, les enseignements qui émergent de ce travail sur le « non-mariage » sont d’abord la mise en évidence des souffrances des personnes, conjoints, enfants, et dans le cercle plus large de la famille et des amis. Cette mise en évidence est aussi celle du coût social avec sa dimension économique, peu précisée dans ce livre ! Et encore celles de la fragilisation du mariage comme conséquence du contexte ambiant, la complication de la vie avec paradoxalement une liberté et une autonomie de fait moins importantes que ce qui était envisagé au départ du choix de non mariage. Et enfin la constatation que c’est la justice qui règle de plus en plus les équilibres familiaux, donc qui est de plus en plus présente dans la vie privée.
Précisons que le « non-mariage » peut représenter différents états de vie : concubinage ou cohabitation, PACS, divorce, et aussi le célibat !

Quels sont les auteurs et les travaux de réflexion qu’ils ont menés ?
Jacques Arènes, psychanalyste, enseignant au Centre Sèvres explore le coût psychique du non choix du mariage et notamment en ce qui concerne les pères et l’exercice de la paternité comme élément de la structuration des personnes et des relations, en interaction avec la maternité.
Bernadette Barthelet nous entraîne dans les dédales des lois et de leurs rebondissements les unes par rapport aux autres, avec des conséquences le plus souvent ignorées des personnes concernées.
Pierre Benoît, philosophe, a dirigé l’ISF de Lyon de 2002 à 2006. Il prend le temps de regarder plus précisément les définitions des mots qui énoncent le thème : le coût, le mariage, le non-mariage. Avec lui nous passons par un aperçu historique, un regard anthropologique, un questionnement éthique, ces dimensions incontournables de l'histoire des hommes et des femmes de tous les temps.
Georges Eid, professeur de sociologie à l’ISF aborde le thème sous l’angle de la question sociale : une responsabilité sociale à ne pas esquiver, une question de justice et d’investissement.
Jean-Marc Ghitti, docteur en philosophie, essaie de démêler toutes sortes de confusions, celle entre public et privé, psychologique et juridique, normatif et juridique, confusions des pouvoirs afin d’y voir plus clair sur le chemin de nos choix.
Xavier Lacroix, docteur en théologie et philosophie, place dans notre réflexion deux éléments de la vie du couple : conjugalité et parentalité : si elles sont dissociées, quelles sont les conséquences, si elles sont articulées quels sont les avantages dans la vie des personnes et de la famille.

Quelles questions retenir de cet ouvrage, quels défis soulèvent-elles ?

Paternité oui, mais quelle paternité ? Comment se conjugue-t-elle à la maternité ?
La notion de « coût » s’oppose à celle de « bénéfice ». Le mariage a un coût, le non mariage aussi. Liberté individuelle, parole solennelle, parentalité, conjugalité, différence des sexes, vie commune… Quels coûts, quels investissements, quels bénéfices dans chacune des situations ? Quelle aide aux personnes pour une décision soupesée dans ses différents aspects, économiques, sociaux, personnels sans oublier tous ceux qui sont touchés par la décision, aspects institutionnels, juridiques, religieux ? à court terme et à long terme ?
Dans l’individualisme ambiant, la demande de liberté est très grande. Dans les faits, un des coûts du non mariage est la survenue de l’autorité judiciaire pour régler les problèmes familiaux : le déclin juridique (institutions) renforce le pouvoir judiciaire, y compris dans les relations familiales ; le juge des enfants essaie de régler ce qui concerne le bien des enfants.
Négation de la différence sexuelle d’une part, et dissociations tous azimuts : entre parenté et procréation, entre parentalité et conjugalité, entre conjugalité et famille, entre parent biologique, parent légal, parent éducateur…
« Moins on se marie, moins on se mariera. Le non-mariage s’entretient lui-même, ou l’on pourrait dire, qu’à partir d’un certain seuil, il se reproduit. »
A partir de ces constats, comment ne pas penser que la recherche de vie et de bonheur de nombreux couples est marquée par bien des égarements et des échecs ? Nous en sommes provoqués dans notre agir pastoral au bénéfice des couples et des familles que nous rencontrons.
Ce que vivent nos contemporains, dans le mariage ou le non-mariage, ne peut pas nous laisser indifférents. Mais connaissons-nous vraiment les souffrances, les quêtes, les aspirations des couples qui nous entourent ? Arrivent-ils vraiment à nous les dire ? Arrivons-nous à les entendre ?
Si nous voulons avoir le regard de Celui qui est vraiment Dieu et vraiment Homme, et qui veut pour tous, une vie pleinement humaine et vraiment spirituelle, nous ne pouvons pas seulement constater des faits, des situations et en prendre plus ou moins notre parti. Nous sommes interpellés dans notre foi, dans notre solidarité les uns avec les autres.
Si nous voulons qu’aujourd’hui les couples puissent découvrir la valeur de la fidélité, la force de l’engagement, le courage de prendre des responsabilités, il nous faut chercher des manières de les rejoindre et explorer de nouvelles voies d’évangélisation.
Nous nous souvenons de la prière du Christ : "Père, l’heure est venue : glorifie ton Fils, afin que ton Fils te glorifie et que, selon le pouvoir que tu lui as donné sur toute chair, il donne la vie éternelle à tous ceux que tu lui as donnés ! Or, la vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, toi, le seul véritable Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ. " Jn 17,1-3
Connaître le Christ ! L’accueillir et vivre de lui ! N’est-ce pas là le trésor qu’il nous faut partager d’urgence ? Alors nous pourrons reconnaître son œuvre : “Tu m'apprendras le chemin de vie, devant ta face, plénitude de joie, en ta droite, délices éternelles.” Ps 16, 11.

Gisèle Gaillot

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