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Sychar - Pastorale familiale Infos n° 17
"Ce mystère est grand..."
Le texte ci-dessous est une homélie sur l'évangile du 8 octobre, 27ème dimanche du temps ordinaire (Mc 10, 1-12), au sujet de la question sur l'indissolubilité du mariage posée à Jésus. Il nous a semblé être une belle méditation sur ce mystère dont le Christ réaffirme la grandeur.
Ces quelques phrases de l'Evangile suffisent pour nous remettre en mémoire les exigences du mariage. Rappel opportun, tellement l'institution familiale est battue en brèche. Et à tel point qu'on la dirait vouée à la démolition. On lui reproche d'être contraignante, suffocante, voire aliénante. Un collet, un corset, un boulet. On lui prédit son extinction. Ses ennemis souhaitent sa fin prochaine. Ses adeptes doutent de son avenir. Pour relever ce redoutable défi, braquons les projecteurs de notre foi.
Le mariage, mystère de dualité. A moins de s'exposer à de cuisantes déconvenues, on ne saurait faire l'économie de ce postulat de base : il s'agit d'une aventure voulue et vécue par deux êtres différents. Différents ils sont. Différents ils resteront. Deux passés, deux présents, deux futurs. Deux personnalités, deux singularités, deux sensibilités. Qui s'efforceront non pas de se ressembler, mais bien plutôt de se toujours rapprocher. Erreur : la totale fusion. Enjeu : la réelle communion.
Mieux vaut un tempérament bien trempé qu'une pale mauviette, un caractère bien typé qu'une poule mouillée. Certes il y aura des éclats. Pourvu qu'on en reste aux éclats de voix. Ce n'est pas à la première algarade qu'on va menacer de prendre la poudre d'escampette. Ce n'est pas à la deuxième dispute qu'on va faire la valise. Ce n'est pas à la troisième friction qu'on va claquer la porte. Les heurts ne sont pas négatifs. Au contraire ils sont utiles, qui apprennent la patience et la tolérance.
Le mariage, mystère de fidélité. On refuse pareil engagement, à la vue de couples, proches et amis, déboussolés, décomposés, qu'on croyait solides. Mais alors on va toujours se laisser tirer vers le bas ? Il serait indigne de s'aligner sur le plus petit dénominateur commun. L'air du temps ne fait tourner la tête que de ceux-là qui sont des girouettes. On se veut dans le vent ? A-t-on remarqué que seules, les feuilles mortes suivent le vent. Le courageux navigateur, lui, lutte contre le vent.
Les époux se promettent fidélité à vie. Que rien ne saura stopper. Que personne ne pourra casser. Que rien ne devra entamer. Que personne ne pourra écorner. Certes nuages et orages pointeront ici ou là. Certes fatigues et usures se coaliseront parfois. Mais que sont les travers passagers en comparaison de tant de joie profuse, face à tant de bonheur partagé. Joie et bonheur noués par une confiance inoxydable, fondés sur un amour chaque jour plus inventif que la veille.
Le mariage, mystère de fécondité. Les anneaux d'or que portent les époux, attestent de leur fidélité. Les enfants attestent de leur fécondité. L'enfant jaillit quand l'étreinte des corps, au travers et au-delà du plaisir, traduit la communion des curs. Celle-là est d'autant plus impatiente, que celle-ci est garantie d'être fidèle. Fidélité et fécondité : les deux faces de l'authentique et impérissable amour. Les deux volets de ce fabuleux et merveilleux diptyque à la ressemblance de Dieu.
Car, chrétiens, nous le croyons : c'est Dieu qui, mystérieusement, aide deux êtres à se repérer et à se rencontrer, à s'estimer et à se fréquenter, à s'apprécier et à s'accorder. N'en doutons pas et nous voudrions le dire sereinement aux jeunes : c'est Dieu qui fera pousser votre amour, telle une graine ; c'est Dieu qui fera couler votre amour, telle une source ; c'est Dieu qui fera brûler votre amour, telle une flamme. Epoux et parents, devenez et soyez Les intrépides aventuriers de l'amour !
père Jean Bougarel
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