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Sychar - Pastorale familiale Infos n° 16

La condition des femmes en constante évolution



Au fil des années, les bilans statistiques et les analyses sociologiques ne cessent de pointer les évolutions constantes de la condition des femmes dans notre pays. On y apprend par exemple que l’âge moyen des femmes à la naissance de leur premier enfant ne cesse de s’élever et qu’il risque de franchir prochainement le seuil symbolique des trente ans !

De fait on assiste à un glissement global que l’on pourrait formuler ainsi : les femmes se marient et ont des enfants plus tard. Elles vivent aussi de plus en plus longtemps.

Du côté du bilan annuel des naissances, on constate un dynamisme démographique qui ne faiblit pas. En 2005, le nombre des naissances (plus de 800 000) a encore progressé pour frôler à nouveau le record de l’an 2000. Mais ce qui est surprenant c’est que le nombre des femmes en âge d’être mère (entre 20 et 40 ans) ne cesse de diminuer. Ce sont les mères les plus âgées qui font grimper le nombre des naissances !

On peut se demander quelles sont les raisons de ce taux de fécondité, l’un des plus élevés d’Europe. Pour la France qui a, dit-on, tendance à cultiver un certain pessimisme comme une vertu nationale, l’enfant représente-t-il une planche de salut, une assurance face à un avenir incertain ? Les mères ont-elles besoin de se rassurer, de se donner des raisons de vivre pour échapper à la morosité ambiante, à un certain blues ? Il serait du plus haut intérêt de mener une étude sur les motivations profondes des femmes et des couples en général pour accueillir des enfants. Le débat est ouvert. Avez-vous une opinion sur la question ?

A mesure que la génération du " baby boom " de l’après-guerre accède à la retraite, on parle aussi de plus en plus du vieillissement de la population française et des défis que les personnes âgées vont poser à notre société. Les Françaises détiennent déjà avec les femmes espagnoles l’espérance de vie la plus élevée de l’Europe des Quinze. (Soit 83,8 ans)

Mais la grande évolution qui a considérablement modifié la condition des femmes demeure sans doute l’accès de celles-ci au monde du travail et au salariat. On constate que les pays où les femmes ont accès à une vie professionnelle sont aussi ceux où le taux de fécondité est le plus fort. On peut se demander si la naissance d’enfants n’est pas pour les femmes une manière de se soustraire temporairement à la pression qui s’exerce au travail. Car le travail des femmes provoque des tensions au sein des familles. En effet le modèle social qui tend à s’imposer est celui de l’égalité. Or celle-ci est loin d’être le cas dans la sphère familiale où les femmes assurent toujours l’essentiel des tâches domestiques, des soins aux enfants et de leur suivi scolaire.

Pourtant dans ce domaine il y a aussi des évolutions sensibles. Le témoignage d’un père de famille cité par le magazine Pèlerin est éloquent à ce titre : " Pendant les dix premières années de mes deux enfants, j’ai été un papa plutôt timoré. Ma femme étant quelqu’un de volontaire et de bien organisé, j’ai eu tendance à me reposer sur elle. En mûrissant j’ai appris à davantage faire face à mes responsabilités en m’occupant des enfants pour les devoirs, les visites chez le médecin, les sorties… Avant, j’étais celui qui disait " non " systématiquement. Maintenant je me sens à l’aise dans un rôle de père plus équilibré, qui donne de l’amour sans renoncer à son autorité.

Les évolutions de la vie des mères obligent aussi les pères à se situer autrement !

Etienne Helbert




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